Dodécathlon 20.12

Après 20 ans, maintenant 12 mois, pour 12 défis un peu fous...

lundi 1 octobre 2012

Kilian Jornet n'est pas un humain mais un yo-yo !

J'ai finalement résussi le défi de septembre le samedi 22 et je m'apprête à reprendre celui avorté du mois d'avril le 9 octobre prochain.
 
Commençons par le défi dénivelé 5000m qui a récemment été complété au Mont Gleason, à Tingwick.  J'ai pris le départ le 22 septembre au matin à 7h10 am pour, 27 ascensions et 12 heures et 8 minutes plus tard, terminer le défi avec succès.  Sur cette durée, j'ai perdu 1h18 à manger, boire, soigner mes bobos, changer de vêtements et écrire sur ma pancarte (accrochée à mon auto au point de départ de chaque montée) l'évolution du défi. Au final, avec les descentes, j'ai cumulé un dénivelé total de 10 260m, soit plus que ce qu'offre la majorité des courses extrêmes en matière de dénivellé.  J'ai maintenu un pourcentage de pente moyen de 15%.   
 
Ce fut une longue journée, parsemé de cycles physiques et mentaux, mais qui aura somme toute passée rapidement.  Les minutes se sont écoulées une après l'autre sans grands éclats.  Les faits saillants, s'il en eu, furent les suivants:
 
- À la 8e descente, je tombai copieusement suite à une crampe musculaire dans le mollet droit qui me fit faire un roulé-boulé somptueux sur la gravelle.  Je m'en tirai pour de jolies éraflures au dos et au bras. 
 
- À la 16e descente je dûs me rendre à l'évidence: courir n'était presque plus envisageable.  Reconnaître cela fut, mentalement, une libération.  Entre la 13e et la 15e ascensions, la souffrance psychologique de se sentir faiblir était pire que la conclusion de l'obligation de marcher arrivée à la 16e descente. 
 
-  Àprès la 17e ascension, j'ai eu une crampe bizarroïde dans le vaste interne du quadricep droit.  Pendant au moins 4 minutes, le muscles, déformé par la contraction, ne démordait pas dans son spasme plus étrange que douloureux, à part que la jambe ne voulait plus déplier. 
 
- Quelque part autour de la 7e heure, mon estomac a encore rendu l'âme, me compliquant une fois de plus l'existence.
 
Je sors de l'expérience satisfait, mais surtout content d'avoir réussi le défi après ma tentative avortée du Mont Ste-Anne au début du mois.  C'est là, pour moi, une double leçon.  Premièrement, ne pas espérer le succès en étant à moitié préparer pour lui.  Deuxièmement, ne pas se laisser avoir par un premier échec sans tenter sa revanche une fois mieux préparé. 
 
Ceci dit, je dois à ce stade remercier mon ami Samuel pour son aide sans qui les choses auraient plus difficiles, voire ratées encore une fois.  Avant le jour J, il a fait les derniers tests de trajets sur la montagne pour optimiser les temps d'ascension/descente.  Puis, la journée même, outre un support moral à quelques reprises, les 2 heures passées avec moi sur la montagne étaient probablement les meilleures dans la mesure où ce fut durant une des deux périodes de passage à vide qu'il vint en renfort.  Enfin, logistiquement, ses bâtons de marche se révélerent un coup de main appréciable, de même que ses ravitaillements en fin de défi ou, encore, ses soins improvisés de massothérapie au muscle crampé en cours de route. 
 
Ce défi fut autrement réalisé en solitaire.  Je ne m'en offusque pas du tout pour une raison fort simple.  Au départ, je croyais qu'il serait facile de réussir 5000m de dénivelé positif.  Après la giffle du Mont Ste-Anne, l'objectif est devenu, pour moi, un véritable défi significatif.  À mes yeux, il s'agissait d'une affaire personnelle, d'une lutte à finir bien personnelle.  Ma résolution, en arrivant au Mont Gleason, était de ne pas sortir de la montagne avant d'avoir montée 27 fois.  J'étais décidé, piqué en mon fort intérieur de mon échec trois semaines avant.  Il n'était pas question que ce défi, que je croyais facile, soit celui qui aurait finalement raison de moi dans le Dodécathlon.   
 
Or, je l'ai réalisé tardivement, ce n'était pas facile du tout.  Il 'm'aurait suffit de prendre le temps de faire quelques comparaisons pour m'en rendre compte.  Par exemple, pour ceux de mon village, il faut penser que monter (et descendre) le Mont Gleason équivaut à faire ainsi 250 fois avec la côte de l'église de St-Léonard.  Pour les amateurs de plein air, il faut se dire que c'est presque trois fois, mais en une seule journée, l'aller retour d'en bas à en haut du Mont Washigton dans les White Mountains.  C'est, autrement vue, l'ascension de montagnes prisées pour le trekking: la Kangia au Népal, l'Ilbiniza en Équateur, le Huayana en Bolivie.  Pour les Européens, il faut penser que c'est 3000m de plus que le Mont Blanc, soit le sommet des Alpes.  Pour les québécois, c'est plus de 4 fois le Mont Jacques-Cartier ou 3 fois le Mont d'Iberville.  Pour les canadiens, c'est l'équivalent du 5e sommet (le King Peak) national.  Pour les américains, c'est 700m de plus que le point culminant des Rocheuses.  Bref, c'est quand même haut !
 
Par contre, quand on se compare...  on voit que cela représente, en une journée de 12h00, l'aller-retour jusqu'au deuxième sommet du Kilimanjaro.  C'est impressionnant...jusqu'à ce qu'on voit Kilian Jornet, sur internet, faire l'aller-retour jusqu'au premier sommet (750m de plus et de moins en moins d'oxygène en montant) en un temps de... 7h14 !  Oh là !  Tout simplement hallucinant !
 
J'en suis donc, maintenant, à anticiper le départ du défi Montréal-Québec interrompu pour cause de blessure en avril dernier.  Depuis ma nuit de course en juin, mon expérience avec la persévérance en août, et mon apprentissage de septembre avec les longues sorties en montagne, je crois être mentalement et physiquement mieux préparé.  Entre autres, j'ai une meilleure idée de quoi faire ou ne pas faire pour ingérer 25 000 calories tout en continuant à courir ! 
 
Il semblerait que les boules de maïs sans gluten sont efficaces, ou le café contenant une cuillère de beurre.  Ce sont là des exemples de conseils glanés ou entendus ici et là.  J'ai tout pris en note et je ferai au mieux de mon jugement en cours de route.
 
Le départ est prévu pour 10h00 am le mercredi 10 octobre, en haut du Mont Royal.  J'espère faire les 300 km du périple en moins de 40 heures, soit 4 jours.  Contrairement à la première tentative, je n'envisage pas beaucoup de compagnons en chemin.  Il faut dire que, comme après ma tentative du Mont Ste-Anne, je regarde le défi Montréal-Québec comme une affaire personnelle.  On verra...
 
Je tenterai d'indiquer, chaque soir où internet sera disponible à mon hébergement, l'état d'avancement du défi. 
 
Je tenterai aussi de compléter ma collecte de fonds pour la fondation Terry Fox qui constitue le défi du mois d'octobre. 
 
Merci de votre support
  

vendredi 14 septembre 2012

Échec et math !

Les choses vont vite.  Après le ENDURrun, il aurait peut-être été de mise d'y aller pour une accalmie d'entraînement avant de préparer spécifiquement le défi du mois de septembre.  Pour rappel, ce prochain défi consiste à faire l'ascension (et descente) maximale possible dans une journée.  Mon objectif, un peu arbitraire soit-il dit, est de faire 5000 mètres de dénivelé positif ( D+) (donc 10 000 avec le négatif D±). 

Initialement, le jour J était prévu pour le 22 septembre au Mont Ste-Anne.  Or, en constatant que les heures officielles d'ouverture du parc réduisaient à partir du 4 septembre (sans parler de toutes les activités automnales qui auront lieu sur la montagne à partir de la mi-septembre), je me suis dit qu'il fallait y aller sans attendre.  Autrement dit, au lieu d'aller faire, comme prévu, un entraînement exploratoire ou préparatoire le 2 septembre, j'ai tenté de réussir le défi dès le premier samedi du mois, seulement 14 jours après la fin du ENDURrun. 

Ce fut une expérience enrichissante...et ratée !  Confiant (imbue) de mes capacités après l'ENDURrun, je me disais que même sans être mentalement ou physiquement prêt, j'allais ne faire qu'une bouchée de ce petit défi de septembre.  J'aurais dû me souvenir que Zeus a puni Sisyphe lorsqu'il a tenté de se prendre pour dieu.  Zeuz a condamné le suffisant Sisyphe à monter et descendre en souffrant, sans fin, une montagne tout en poussant inlassablement sa pénible roche.  J'ai bien pensé à lui ce 2 septembre dernier...

J'ai pour la première fois pris conscience de ce dans quoi je m'embarquais pour le défi de septembre en arrivant à Ste-Anne-de-Beaupré.  Lorsque j'ai vu, de loin, en auto, la piste La Gondoleuse par où, en analysant la carte des pistes à partir de mon ordinateur à la maison, je devais monter, je me suis dit: "Ben voyons donc, c'est trop raide ce pente là".  Puis, en arrivant dans le stationnement de la station de ski, à proximité des pentes, au lieu d'un adoucicement de l'impression précédente et de me rassurer sur le degré de difficulté, je compris définitivement que cela allait être exigeant, pour le dire avec euphémisme.  A peine avais-je fait 3 minutes lors de la première ascension que je réalisais que ce n'était pas en 15-20 minutes, comme je le pensais bêtement à partir des cartes, que j'arriverais au sommet.  Il faut dire que j'avais un peu mal calculé la longueur de la piste.  Vous ai-je déjà dit que je n'étais pas finement préparé ?

Avant même la moitié de la première ascension, je savais que 5000m D+ était impossible.  Même en marchant, la pente était exigeante. laborieuse, destructrice pour les muscles.  Et là, je n'avais pas encore appris que la descente le serait à peine moins.  Au total, peu importe par quel chemin je prenais, il me fallait au minimum 1h10 pour faire l'aller-retour de la base au sommet.  A chaque fois, je pouvais additionner 625m de dénivelé positif (en environ 6 km de distance). 

Preuve de l'insuffisance de ma préparation, il m'aura fallu trois ascensions avant de comprendre quel chemin, parmis les options, était le plus approprié (ou plutôt le moins pire).  A la fin de la journée, lorsque j'abdiquai en me disant que j'en avais assez fait compte-tenu de l'infructueux de la tentative, j'en étais à 3125m de dénivelé positif, 6250 avec le D - et tout ça en...31 km et 6h40 (7h00 en incluant les arrêts bouffe).  C'est donc dire que j'ai maintenu une vitesse moyenne légèrement supérieure à 4 km/h.  C'est lent.  Pédestrien comme allure.  Mais, croyez-moi, ce n'est pas parce que je manquais d'ardeur à l'effort. 

Ainsi, le 2 septembre, un brin dépité, je croyais avoir échoué le défi.  Cependant, dans les jours suivants, je me suis quelque peu réconcilié avec l'expérience.  Pourquoi ?  Parce que j'ai fait des maths afin de me rendre compte que, finalement, ce n'était qu'un demi échec.  Je répète que j'ai fait un  6250m D±- en 31 km.  Comparons cela avec quelques épreuves, dites extrêmes, offertes sur la planète:

L'Ultra-Trail du Mont-Blanc (l'UTMB) totalise 9400m D+, répartis sur une disance de 160 km; la Deathrace canadienne fait 5180m D± en 125 km.  C'est donc une pente moyenne de 4% sur l'ensemble de la course.  La D6000, une course soi-disant extrême, fait 6000m D±- en 55 km, donc 11% de pente moyenne.  La mythique Western State fait 6000m D+ en 160km...  La Diagonale des Fous (Ile de la Réunon) fait 9600m D+ en 160km, etc.  Bref, peu importe quelle grande course de trail extrême ou d'ultra-trail on considère, mon effort sur les sentiers du Mont Ste-Anne est en intensité similaire ou davantage.  Il y a déjà de quoi là se réconforter, à tout le moins nuancer l'impression d'échec.

Puis, on peut pousser plus loin la comparaison.  Il existe maintenant une classification des événements de montagne, où plus précisément de Skyrunning.  On considère valide pour l'appelation skymarathon une épreuve dont le dénivelé positif minimal est de 2000m en au moins 30 km (et au plus 42).  A ce compte là, j'ai effectivement fait un difficile skymarathon (3125 D+ en 31 km).  Puis, on retrouve dans la catégorie du skyrunning, l'épreuve extrême qu'est le kilomètre vertical, soit une appelation réservée à une course de 1000m de dénivelé positif en moins de 5 km de distance - autrement dit: avec une pente moyenne minimale de 20%.  Les athlètes qui font un kilomètre vertical (autour de 35 minutes pour les meilleurs), soit en Suisse, en France ou ailleurs dans le monde, ne font en général qu'un seul kilomètre à cette intensité là.  Durant ma tentative de septembre au Mont Ste-Anne, j'ai maintenu une pente moyenne de 21% durant toute la journée.  J'ai donc fait plus de 5 fois un kilomètre vertical !  Oui, je l'avoue, j'ai eu les jambes courbaturées (sans même attendre au lendemain d'ailleurs).

Cette petite analyse comparative de mon résultat ne m'a pas satisfait, mais m'a du moins encourager.  Je tente le coup une seconde fois.  C'est annoncé: le 22 septembre prochain, j'y vais pour 5000 D+ (10 000 D±).  Par contre, je renonce au Mont Ste-Anne (oui il offre un dénivelé intéressant, mais son ascension et sa descente sont trop abrupte si on veut garder le kilométrage bas et en pas perdre du temps inutilement).  Je vais donc tenter le coup plus près de chez moi, dans le modeste Mont Gleason à Tingwick qui, pour sa part, offre tout de même un dénivelé de 190 mètres.  C'est donc dire qu'il me faudra le monter/descendre 27 fois durant la journée.

Je compte lancer le défi tôt le matin afin de maximiser mes chances de finir en peinant le soir s'il m'arrivait de perdre le rythme du début.  J'espère faire l'aller-retour en environ 20 minutes, ce qui me permettrait de monter 600m de dénivelé positif en moins de 1h10.  Ce serait d'une part plus rapide qu'au Mont Ste-Anne, mais surtout moins taxant sur les muscles (notamment durant la descente).  Évidemment, cela me fera faire plus du double en kilométrage.  A tout le moins, ce sera un défi de course (certes lente) et non de marche forcée. 

J'ai déjà (4 jours après "l'échec" du Mont Ste-Anne !) été faire un test de parcours sur le Mont Gleason.  Un ami a été mandaté pour finaliser les tests servant à évaluer le meilleur parcours.  Je serai davantage prêt.  J'ai pu faire des tests d'alimentation lors du Mont Ste-Anne, je me suis mentalement fait une idée précise de l'intensité que 5000 D+ peut représenter.  Je suis presque prêt au moment où on se parle...

En fait, en ce moment, la seule incertitude concerne mon niveau de forme.  Les 12-13 septembre derniers, je "cassais" dans deux entraînements de routine au point d'abréger ceux-ci de moitié. Flat, sans énergie, jambes crevées.  Il faut dire que ça s'explique plutôt bien.  Dans le dernier mois, j'ai fait le ENDURrun, soit 160 km de compétition incluant deux courses natures et un marathon.  Neuf jours plus tard, je faisais un 5km à fond en compétition.  A travers tout ça, je me suis remis à enseigner (stress des début de session et conciliation travail-famille).  Puis, le dernier mois fut aussi des réflexions préoccupantes sur l'avenir du club Kalenjins, des rencontres humainement "drainante" avec les athlètes, de même que la réalisation (petit rush) des plans d'entraînement personnalisés de chacun.  Comme si cela n'était pas assez, j'ai fait durant ce temps six bons entraînements d'intensité à la course.  J'ai aussi intégré un peu plus de musculation dans mon horaire et j'ai attrapé un rhume suite à trois courtes nuits de sommeil.  Faut-il vraiment se surprendre que mon corps ne suive pas ?  

Je vais donc prendre les 10 jours précédents le 22 septembre pour éliminer toute forme d'intensité en entraînement et réduire quelque peu le volume (je roule encore au-dessus de 100km de moyenne depuis la fin du marathon !).  Avec un peu de bons soins, je devrais être correct (pas au top, mais correct) pour attaquer résolu le Mont Gleason.  J'espère la participation de quelques amis coureurs qui m'ont signalé leur soutien potentiel en ce jour d'automne.  On verra.  Si je peux éviter les blessures, je ne sors pas de la montagne avant d'avoir franchi le cap du 5000 D+.

    

vendredi 24 août 2012

Not the same anymore !

This post will be in english.  I suppose some runners I had the chance to meet during the ENDURrun will be curious to read it and, well, most of them (sorry for Pierre Elliot-Trudeau !) are not very familiar with my first language.  My english is far from perfect, but at least it is better than Google's or Bing's translation tool.

(There is too much photos to choose from.  So instead of choosing for you, here are some from the 15 000 + taken during the ENDURrun): My Album
 
I am back from Endurrun International in Ontario.  It was one of the greatest experience of my life.  Initialy, it was my 7th challenge of the Dodecathlon but at the end I found it to be more than that. 

First of all, a short word about the whole trip beside running. 

Going to Waterloo (Ontario) from St-Léonard-d'Aston is a 9 hours drive and even more because of traffic around Toronto and Montreal areas (not to say constructions or bad weather).  I did the first half on friday 10th sleeping in Kingston and the second half on saturday 11th.  It was smart to split the trip in two parts, but not enough to prevent my right calf from being tight on stage 1 (half-marathon, sunday 12th).  Saturday, I slept in a cheap Super 8 in Kingston where I had no reservation upon arrival.  At the front desk, the guy told me my room was 149 $.  Online comments for this hotel not being all greats, I said to the guy "no way I will pay this price tonight".  He answered "well, ok, would 79$ be fine for you ?"  "yes it will"... but that doesn't mean this place is good.  I do not recommend.  My review is much much better for where I stayed during the next 9 days.

I stayed in a B&B in Waterloo, the Sugarbush Guesthouse, owned by Sandi Marques and her husband David Evans.  It would have been possible for me to stay in an hotel somewhere around or, as did many of Endurrun's runners, into the residences of either Laurier or Waterloo university, but I choose for a little more comfort.  My choice could not have been better for the B&B was not only a very quiet place giving me all I needed to recover during the afternoon (a bath for ice bath, a hot tub, a backyard to stretch or put my legs up the wall, a drugstore for blisters 1 minute away by painful foot, and a Tim Horton's less than 300 meters away to wake my body up with caffeine every race morning), but was also a place where I felt welcomed by both owners.  They even came, twice, with their daugthers, to act as a support crew during two stages (Chicopee and the marathon).  I would not be suprised to see David, a one time marathoner, try some stages as a guest runner in the next few years...  The place was nice, not expensive, closed to restaurants as from the starting line of most stages.  I do recommend.

In Waterloo, all breakfasts, but the one (eggs benedict, of course) prepared by Sandi on my day off, were made of bars, gels, water and other runner's artificial food.  I did not really need to go somewhere to eat at noon because the food offered to Endurrun's participants after each stage is incredible.  That is true, really true.  I have never seen something like this before for a race.  Many tables full of all kind of food including quinoa curry, vegan burgers, smoothies with soy milk, marshmallow-coconut salad, magic peanut-butter balls, olive or cranberry or red pepper hummus, etc.  An all you can eat buffet of good stuff (or even bad stuff if you feel more for it !).  Every night, I went eating somewhere in town depending on how I felt.  But yes: Mozy's... the small place where, on the front window, you can read "the number one shawarma in Canada".  It may sounds pretentious.  I can't say it is not true.  I do recommend (with spicy sauce !)

Otherwise, my days where more or less the same.  Wake-up around 6h30, eat some bars, drive to the starting line for 7h00.  Then try to warm-up, race at 8h00.  Cool-down (akwardly) for 1 to 4 km after the race and then eat (see above) at more or less 11h00.  Wait for the after the race talk by Llyod (the organiser) while chating with participants.  Mid afternoon, drive or walk next day's course before coming back to B&B for a shower and either a nap, a little stretch and/or yoga session, roll stick 20 minutes on sore muscles, a 15 minutes ice bath or hot tube pleasure and a 20 minutes of nothing but putting my legs up the wall.  Then it was time to go eating (never too much, but soon too much pastas !)  Take a sip of water every 20 minutes when timer told me to do so.  Come back to prepare my clothes and stuff for the next day's race, call home around 20h00 to speak or see on Skype my little family and then in bed around 21h30 (and not sleeping well, so reading Jeni's Inbox, the book written by the owner of the B&B, or dumbly watching old Seinfeld's on TV.)  I would be curious to compare my days during the Endurrun with the ones other participants had.  My work ethic is most of the time somewhat way above average, but I would like to see if it was the case this time.  I am not so sure...  What was your recovery program after each stage ?  Not to name them, I know some runners can answer "beer" (ok, rehydrate + proteins.  That is fine !)

Overall, all these details look like I had a boring week, not an exiting or particular one. So why do I think Endurrun somehow changed me as a runner and as a human being ? 

...Maybe because of the races and how, once entered into this crazy thing, we get to bond with each other...

I agree with Mark (Meyers) the guy with whom I fought for second or third place during the whole week.  At the award/final results "ceremony" he said something like "I did'nt think it [the Endurrun - 7 stages on 8 days for 160 km over all kind of surfaces or inclines] was do-able, but because it becomes a team effort we did what I consider the biggest physical challenge of my life".  That is true for me too.  Well, I knew before we started that I was able to go the distance.  I wasn't sure about how I would face the intensity day after day, but I am used to running more than 100 miles a week so it was not a big concern for me.  Still I was afraid of the amount of speed needed to be competitive in the Endurrun.  How was I to react to the constant stress of racing on tought courses for distances long enough to hurt anybody's soul and body ?  The answer is simple: painfully ! But alone, without anyone around facing the same challenges, I am 100% sure I would not have run this way for the entire week.  I am not the only one, far from it, to confess the huge impact of other runners on my performance and my success. 

Now back from it -but still suffering badly from PES (post-endurrun syndrome as Bob said and so many shared)- I try to understand what exactly means this idea of "group effort" or "social help" or "success being builded upon support from each other".  I don't think my answer will please many, but at least it is, for me, the best I found.  There is something inside me that doesn't want to be a looser.  I suppose I am not the only one here !  When pushed to my physical limits, this something keeps me going.  If, around me, all participants had dropped out...I would have continued (to be the one who don't stop !) but they not only kept running, they kept racing, and I would say racing hard.  So I had to do the same: race hard until it is over even when my body was well beyond the state of complete fatigue and all the cells of my legs were sore sore sore...  My legs were dead after stage 1 (already on the side to go downstairs not to talk about this f*** blister under my left foot).  They were cramping during stage 3.  I was sore all over every mucles of my quads and harmstring before stage 4.  I was flat on stage 6 and barely not able to run the morning of stage 7 because of pain.  But I ran the marathon in 2 hours 58 minutes 24 seconds.  Unbelievable !  Everybody around me was running great and no one, I guess, was feeling so much better.  So was I to be the first giving up ?  Everynight I looked at the result and saw how incredible they were.  I was there to race, so no way I would loose without honor whatever was the level of toughnest imposed by our group.  So I ran.  And because everybody ran hard, I ran hard too.  I guess this is something particular of the Endurrun.  If not, how do you explain that only 6 participants DNF (did not finish) over the 10 years of the race, one of the toughest you can find all over the world ?   

It is also true that we get to know each other.  If we quit (and more if we do it lately during the week) we have to face not the desapprobation or critics of others, but the simple fact that our old or new friends did something we had to give up.  Not a good feeling to think about.  It is not the same to give up among a group of unknown runners.  It is harder to fail among or in front of our "family".  Each member expect you to be tought and when they show you that they all are, so you want to stay part of it and know what to do.  That is how I explain the "group effect" of the Endurrun.  I would like to say it is the friendly encouragements of others, but I don't think it would be enought to explain why we pushed so much and reached the finish line so fast (happy and proud). 

Whatever are the reasons or the group effect, I conclude two things: 1) boundaries of my own capacities or limits were not where I tought they were, but farther than all I knew before.  It includes, first place, my ability to push throught pain and discomfort.  As much as I learned to enter in the "zone" when I discovered track, now I know I can do amazing things whatever is the state of my body before the race start; 2) In the battle between body and  mind to limit or allow performance, I more and more bet for the latter.  Not to say that you can run a 2:02 marathon if you believe you can, but only to say that desire can outpass flesh and bones when your will is strong. 

Now you may ask what happened during the week.  If you read Dodecathlon's Facebook page, you already know.  If not, or just to remind you, here are the post I put after each stage:

Sunday 12 th
"So, first stage is over; half-marathon done. Was expecting a little bit better, but 1:21.30 is still fine on this rolling course and windy conditions. Currently in second place, but 1:48 behind the yellow jersey. 1:30 ahead of third place and at least one more minute from 4th and 5th places. Feeling so-so, but not bad either. Tomorrow morning is a 15k time trial, so we'll try do get closer to the leader, but I am not confident to be able to do so (he is a 33'' 10k guy...). Otherwise, race crew is great, participants are funny, place is not nice but overall organisation is better than expected."

Monday 13th
"Still in second place after stage 2 (a 15 km time trial on road). Went pretty well today. Managed to increase my lead over third place by a little bit more than a minute; gave (only) 9 secondes to the overall leader. It's even a new official PB for the distance ! (56:38). So everything is fine, but a serious blister under my left foot. Tomorrow is a beautiful 30km cross country. Feel that the leader (and third one) kept something in the tank while I went nearly all-out two days in a row. May pay for it soon. We'll see...
Otherwise, still a great organisation, really."

Tuesday 14th
"Boy, things got heavier today... There are some serious runners into this thing and if I am one of them again today, I was also one who struggled badly. I went for the gold jersey (it was my lance chance, I think), but instead I finished 4th. I think I am still in second place overall, but maybe not. If I am, it is by a few seconds. Today, I was in the lead until 13k, but then fade on this tought 30 km cross-country course. Got cramps in the last 4 kms, but had mostly been mentaly hurt when today's second and third runner passed like mad train beside me. Well, it acts like a reality check. We will know better tomorrow night after stage 4, the first mountain stage (for Kalenjins, it is a lot like Chester...). Thanks following. Results can be found online at the "endurrun international" website and there is also pictures (a lot of) on runwaterloo.com"

Wednesday 15th
"It comes and goes sometimes... Way better today than yesterday after stage 3. Stage 4 was a 16 km quite hilly to say the few... Finished 4th and lost my second place overall by 2 seconds. I know that sounds bad, but it is not because I am not an uphill runner and I crossed the finish line with plenty more left in the tank. I am pretty sure the guy in front of me pushed harder during all the race and I managed quite easily to gave only 10 seconds on this tough course. To make a long story short, let's just say I feel more confident for the last stages than I was yesterday after my struggling, bonking stage 3. Rest day tomorrow before stage 5 (by some aspects the toughest of the week)."

Friday 17th
"Did great today. Felt easy on 4 out of 5 loops (5.12 km each). Of course, hills were real hills, but I went throught them quite easily. Still had some cramping on the right quad at the end, but nothing to worried about. Finished third for stage 5, gave 1 minute to the leader of the Endurrun, but mostly created a gap of 7:45 with the third one. So, now back in second place with a signifiant lead (sad Mark had a bad race today to keep the battle going). Tomorrow is a 10k time trial. May have a shot a the blue jersey (best combine time for stages 2 and 6). We'll see..."

Saturday 18th
"Today was stage 6 out of 7, a 10 km time trial on road. Was not my best race of the week. Still finished in 3rd place, but lost 46 seconds over the overall 3rd place, so I am now in 2nd with a 7:00 lead. Had no legs to be in contention for the sprint jersey (see yesterday's post) and, anyway, today's winner did 14 seconds better than my 10k PB ! Can't believe I will run a marathon tomorrow morning. Felt like crap today. Did a cool-down of 3km after the race...took me 23 minutes! I will do my best, that's all I can guarantee."

Sunday 19th
"2:58 ! I don't believe it myself, but I did run 2:58 for the marathon at the end of this crazy week. As a taper during the previous week, I had, only, a half-marathon, a 15 km on road, a 30 km on trail, a hilly 16 km, an alpine 26 km and, the day before stage 7, a 10 km time trial. First time negative split for the distance (1:31-1:27). Finished 2nd overall (6th best runner ever). Rookie of the year."

So now the race (s) is over and I feel bad it is.  Like Jack said "Damn PES ! I need a fix, give me a stage."  It has been without any doubts one if not the greatest physical challenge of my life.  In life, there is not a lot of things you can look at and say "Well, for me, there was before X and after X".  I will see with time, but I would not be surprised to see the Endrurrun be one of these few things -at least because it was a revelation about how amazing can be the human body (mine !)...  It is also a good experience to reflect about why we run or what we expect from our running.  For example: do we want it as an individual activity or as a solo sport shared by many others ?  What, or who, gives meaning to our running ?  I  hope not to forget too soon the teaching of the Endurrun. 

As the 7th challenge of my Dodecathlon, it is an obvious success.  First I did it.  Then I even finished it in second place overall and as the 6th best runner ever for the event.  I got the rookie of the year award (giving me, I think, more money that I ever got from a "single" race).  I ran ways I had not really run before (like running multi-stages, or a 30 km cross-country, or time trials, or a 26 km "trail run on alpine course", or a marathon with the opposite of a taper).  More than anything, I will remember it as a unique event for its whole package: races, organisation, participants, post-race refreshements, fun during a week long. It was also 190 km in 9 days, but that is more or less the same as I am used to in training.  The difference, that helps me to grow somehow, was the intensity.

Intensity ? So now a short word about what makes a race tought or not.  It is always how big the gap is between our own limits and what we have to do.  The smaller the gap, the tougher is the race.  That's why track is great: there you are limited by nothing else than your own body and mind.  No hills, no grass, no sharp turns to hide behind.  I think it is also why many runners don't like track: they just don't accept to see and only to see their own inherent (in) capacity being exposed.  Somehow different, an event like the Endurrun is tought because of its forced difficulty.  You are not pushed, like in track, to show your best and fight against your own limits, but to overcome natural or physical barriers wanting to break you: surfaces, inclines, recovery time, etc.  The challenges soon becomes one about not fading against the odds.  For me, it was not a depletion of energy reserve after the hills or the number of kilometers, but a slow increase of pain in differents body parts.  This pain closed, day after day, the gap making, slowy but surely, the Endurrun tougher.  But, well, also more fun.  Let's talk about pain...

I started stage 1 with a sore right calf because of all the driving.  It slowed me down, but I can't say it was a painfull experience.  On stage 2, I realised that wearing (two days in a row) the same new pair of racing flats was not the best idea I had.  I developped a serious case of blister under the third metatarse of my left foot (I was limping badly after stage 2).  Had also some ITB problem at that point.  Stage 3, I got cramps in both inner quads and calves for the last 5 km.  So, add my blister problem to these sore legs and you understand that I was feeling like crap on the starting line of stage 4 (the first mountain stage !).  A soft mix of all these body issues was a concern in Chicopee (stage 5), but more than ever a limit on stage 6.  Because I still had to push (and because everybody was doing so), I did.  But my blister, my ITB, my sore inner and outer quads where so bads I was only able to run, as a warm-up, a kilometer in 9 minutes before the marathon.  I was feeling like, I guess, I was supposed to feel at that point: like a guy who ran 118 km of intensity, quickly closing the gap between his limits and the needs of the races.  What I learned is that if any of these problems alone would have been, for most human being and especialy runners, a good reason (or fear) to either stop or slow down, it was also possible to ignore them (with will) and succeed.  That is one of the thing I learned, not only by looking at myself, but other Endurrun's participants too.  For example, I think of Sean or Dave.  

Sean ran twice as long as I did to complete all the stages.  He is a little bit overweight so it does'nt help when it is time to run.  Like many of us, his body was aching all week, but he kept at it.  That's amazing !  Dave, on another hand, is a 48 years old slim and tall runner who ran fast on most stages.  But on the morning of stage 7 he suffered from an old upper back problem not allowing him to breathe freely.  Because of it, he had to stop twice before the 4 km mark, even lying on the ground for some seconds.  But instead of giving up because of pain, he stood up, resumed running and ran to the finish line for a new personnal record on the marathon.  That's a story to remember.  Me, I did a 2:58.  It tells us something about pain (or all kind of supposed limit), about how much we overestimated it when running (or not running) and how standing up in front of it is the sole reason why we are so proud of ourselves afterward.  For a moment, I would like to be inside many participants during a race to feel how they feel, to see how much pain they sustain or refuse.  My guess would be that some faster runners are able to sustain more pain, but that they do get less proudness or joy in doing so while many slower runners feel more pain when there is less of it but still get more reward from going trought it.  But I'm not sure.  Would be interesting to study...  What do you think about it ?

I am a coach.  So I can't help but wonder what Steve Formaneck could do with serious training.  Well, maybe only with training !  This guy - 2007 & 2008 ultimate finisher, 2nd place with U-11hours time- ran the marathon on sunday as a part of a relay team.  It is a tought marathon course and the guy, slightly fat, wearing cotton socks, shirt and shorts ran a 2:51 marathon.  On nothing more than some hiking the weeks before the race and without a good form.  That is also amazing.  Have to write about it to DST...

Endurrun is over and I am sad it is.  I wil get my fix next tuesday on what will be stage 8: a 5 km race in Nicolet.  I took 3 days off after the marathon and I am now slowy back on training (I think I strained my left quad after or during stage 7 and my blister was maybe hiding something on one of the bone of my left foot.  Normal running stuff !)

My next challenge is scheduled for the third saturday of september.  Uphill, uphill, uphill.  Goal = 5000m +                                   
  
I would now like to thanks all the runners who gave something for The Terry Fox fundation.  If you still want to do it, you can do it online (click on this link and all pledges will be add to my fundraising and be given to the fundation next october):


You can see photos, not all but mostly of me, during the ENDURrun International by cliking on the link (picassa):

You can find all ENDURrun International results (cumulative and stages) on www.endurrun.com

You can also see photos of the event and all participants at www.runwaterloo.com  More than 15 000 photos were taken !  Crazy !

                    







 

mardi 31 juillet 2012

Confident, but injury prone !

Je suis prêt pour la 10e édition du Endurrun International en Ontario dans deux semaines (12 au 19 août).  Pour précision, rappelons qu'il s'agit d'une compétition par étapes étalées sur huit jours dans le secteur ontarien de Waterloo.  Concrètement, il s'agit, dans l'ordre des journées où chaque matin se dispute une épreuve différente à partir d'un secteur ou village voisin, d'un demi-marathon (21.1km), d'un 15 km route, d'un 30 km trail, d'un 16 km route avec côtes, (jour de repos), d'un 26 km cross-country côteux, d'un 10 km route et pour finir d'un marathon (42.2 km).  Au bout de la semaine, cela totalise donc 160 km de compétition répartis entre les parcours plats, ascendants, les surfaces dures et les sentiers ou racines.  Plus amusant encore: chaque jour un classement cumulatif est fait et détermine, comme au Tour de France, le maillot jaune du lendemain.  Il y a aussi un maillot pour le meilleur grimpeur, le meilleur sprinteur et la meilleure recrue.  Les 2e et 6e étapes sont même des contre-la-montre où chaque participant prend le départ en solo, décallé de quelques secondes, en fonction du classement cumulatif. 

Je me présenterai là-bas bien entraîné.  Depuis trois mois, j'ai encaissé plusieurs semaines au-dessus de 150 km, voire 170 et même 200. Au niveau de l'intensité, en raison de mon défi du mois de juillet, j'ai accumulé bien des miles à allure rapide.  Puis, à la dernière semaine de juillet, j'ai reproduit fidèlement (distance, surface, dénivelé) les 8 jours du Endurrun, mais en allant seulement un peu moins vite.  J'ai pu faire l'ensemble des jours en 12h00 en me sentant relativement confortable dans l'effort, ce qui m'aurait conféré le 3e rang des éditions précédentes.  Je ne crainds donc aucunement le volume total (190 km sur 8 jours en incluant échauffements et cool-down) et je sais que je puis traverser l'intensité au point de faire significativement mieux que 12h00 en temps cumulatif.  Même si le calibre sera plus relevé cette année, j'ai très bon espoir de terminer dans le top des coureurs.  En fait, sur papier, je suis entre 3e et 5e favori.  La plupart des 50 participants, je m'en doute, auront pour objectif de seulement terminer le Endurrun.  Je serai de ceux qui, plutôt, viseront d'y performer, non inquiet d'encaisser la distance.  Je crois raisonnablement devoir viser un cumulatif sous 11h00, ce qui me mettrais probablement sur le podium. 

Je partirai le 10 août pour l'Ontario où je logerai à Waterloo même dans un Bed & Breakfast.  Ma stratégie, une fois sur place, consistera 1) courir chaque épreuve le matin, 2) aller analyser en prévision du lendemain le parcours suivant, 3) récupérer au maximum jusqu'au lendemain (sieste, alimentation, massage, etc.).  Autrement dit, je compte me mettre en mode "all for the race" durant la semaine du Endurrun.  Je suppose que cela me conférera un avantage sur les autres participants qui ont leur domicile dans les environs et qui seront requis par toutes sortes de distractions ou d'empêchement à optimiser leur performance.

Il ne fait cependant aucun doute qu'il s'agira pour moi, comme pour tous les autres concurrents, de la plus intense expérience de course. 7 compétitions en 8 jours, dont plus de la moitié au-delà du demi-marathon ou contenant des côtes majeures à de quoi intimider n'importe qui.   Après tout, dans la même semaine, je vais faire un demi-marathon, un 10 km, deux 15 km, une course de trail de 30km, un cross de 26 et...ah oui, c'est vrai, un marathon !  Ce n'est pas une mince affaire, n'est-ce pas ? 

Une des traditions des organisateurs est de demander aux participants, avant le départ, de dire comment ils se sentent en trois ou quatre mots.  Pour ma part, je dirai, en anglais bien sûr puisqu'il s'agit d'une compétition en Ontario, que je me sens "confident, but injury prone". 

J'ai bien hâte quoique les douleurs accumulées dans les derniers mois me font toujours criante un abandon en cours de route.  Dans tous les cas, je donnerai chaque jour, une fois là-bas, des nouvelles de chacune des journées sur la page Facebook du Dodecathlon 20.12 

En attendant, voici déjà un vidéo de la 2e étape de 2008, le 15 km contre la montre, qui donne un aperçu de l'ambiance:

lundi 9 juillet 2012

Mes hommages, M.Zatopek.

Le défi du mois de juillet est terminé.  C'est jusqu'à présent le seul pour lequel je puis déclarer victoire sans apporter de nuance. 
En effet, le marathon intérieur a été réussi en janvier, mais avec un chrono semi-satisfaisant.  De même, j'ai fait un marathon sur tapis roulant en février, mais en concluant l'épreuve avec une minute de plus que l'objectif.  En mars, je réussissais à faire les sept épreuves de piste au championnat provincial civil d'athlétisme, mais les deux dernières en y arrivant de peine et de misère.  En avril, je n'ai pu faire autrement que de remettre à plus tard l'expédition entre Montréal et Québec.  En mai, bien que la naissance de mon fils soit un prétexte suffisant, je n'ai pas été en mesure de courir 5 km en cani-course.  Enfin, en juin, même si j'ai couru toute une nuit en réalisant 12 km de plus que l'objectif premier, il m'a fallu dévier du trajet initialement envisagé.  Bref, jusqu'ici, je suis contraint de reconnaître quelque chose : la réussite, même en étant méticuleux, perfectionniste, zêlé, "tought", discipliné et résolu, ne s'apprécie souvent qu'au prix de certains compromis.  Cela ne signifie pas qu'il faille tricher avec la notion de réussite pour la transformer a posteriori en succès à grands coups d'interprétations consolantes, mais bien que celle-ci soit intrinsèquement différente en pratique de l'a priori idéal qu'on tentait théoriquement d'atteindre avant d'être confronté avec les adaptations du monde réel.  Pourtant, dans le cadre de mon défi du mois de juillet, je puis dire que j'ai en tous points réussi (même de beaucoup dépassé) ce que, initialement, j'avais établi comme le succès, et ce, sans dévier le moindrement du monde de mon idée préconçue de ce qu'était la réussite.

Avant de donner le compte-rendu du défi du mois de juillet, je prends quelques phrases pour en rappeler les grandes lignes.  Il s'agissait de faire, durant une semaine, soit durant sept jours, ce que le coureur tchèque des années 50 Emil Zatopek réalisait quotiennement durant sa brillante carrière d'athlète.  Ce dernier commençait chacune de ses séances d'entraînement journalière par une alternance de cinq fois 200m rapide et 200 lent.  C'était là son échauffement.  Ensuite, le coeur de l'entraînement consistait à courir des intervalles de 400m entrecoupés de 200m de jog (footing) de récupération.  Jusque là, rien de particulièrement étrange pour les coureurs expérimentés.  C'est du connu, du familier, de l'assez banal.  Sauf que Zatopek, notamment en 1956, répétait 40 fois la distance dans la séance.  Autrement dit, il faisait, presque chaque jour de l'année, 40 fois 400m (rapidement) avec 200m de "récup".  A la fin, en guise de "retour au calme", il effectuait à nouveau 5x200 (R:200 jog).  Au total de chaque séance il en venait à parcourir 28 kilomètres, dont 18 de ceux-ci en intensité (16 km pour les 40x400m).  Chaque semaine, cela représentait 196 km, dont 130 en intensité.  Ou, si vous préférez...280 x 400m rapide + 70 x 200m rapide + 350 x 200m lent.  C'est, comme on dit, "du gros stock".  Ce n'est pas le volume qui est ahurissant, car bien des coureurs de haut niveau font plus que ce 196 km hebdomaire.  Ce qui impressionne, c'est la quantité jumelée au pourcentage (65%) de kilomètres courus à une haute intensité (85-95% de la VAM).  Le défi du mois de juillet était de se frotter, durant une semaine, à ce régime apparemment inhumain d'entraînement.

Ainsi, de façon standard, je me suis réveillé le matin, ai mis mes shorts, suis allé (à jeun, oui !) sur le bord de la route où j'ai maison et j'ai lancé la "séance Zatopek".  Avant lundi le 2 juillet, je m'étais préparé en augmentant progressivement, depuis trois mois, le nombre d'intervalles de 400m dans une séance hebdomaire.  J'en suis ainsi venu à faire,  six semaines avant le défi, 30 fois 400m en 1:21 de moyenne et, trois semaines avant, 36 x 400m en 1:27.  Ce furent là mes deux meilleures séances préparatoires en vue de juillet.  Celles-ci ont été suffisante pour, à l'aube de lancer le défi de juillet, me donner une relative confiance d'atteindre (pour peu que je me rende au bout de la semaine) l'objectif initial qui était de réussir à maintenir une moyenne, sur l'ensemble de la semaine, inférieure à 1:35 pour les 280 répétitions de 400m. 

....puis j'ai réussi à maintenir une moyenne de 1:26.50.  C'est là, et de beaucoup, mieux que ce que je m'aurais cru en mesure de faire.  En fait, plutôt que de décrire chacune des journées, je me contente ici de présenter un tableau récapitulatif ou statistique:

Semaine Zatopek: W-up 5 x 200 (R:200); 40x400 (R:200); C-down 5 x 200 (R:200)
Jour Heure de départ Température Vitesse moyenne 400m Vitesse de la moyenne en km/h Plus rapide Plus lent Temps total de la séance Douleur (s) significatives
Lundi 2 juillet 10h30 27 degrés, nuageux avec soleil 01:26.25 3:36/km 1:21 (40e) 1:31 (1ier) 2h25 3e métatarse pied droit, hanche droite
Mardi 3 juillet 10h30 25 degrés, frais, vent moyen 01:24.0 3:30/km 1:19.00 (40e) 1:26.00 (plusieurs) 2h25 Hanche droite
Mercredi 4 juillet 10h30 23 degrés, frais, nuageux 01:25.3 3:33/km 1:18.00 (40e) 1:28.00 (2e) 2h14 Bandelette illio-tibiale droite.
Jeudi 5 juillet 10h00 25 degrés, humide, vent moyen 01:23.5 3:29/km 1:15.00 (40e) 1:27.00 (2e) 2h24 Genou droit à la fin
Vendredi 6 juillet 11h30 31 degrés, chaud, vent moyen 01:26.4 3:36/km 1:18.00 (40e) 1:31.00 (1er) 2h25 Bandelette gauche légèrement, 3e métatarse droite légèrement
Samedi 7 juillet 10h00 31 degrés, chaud, vent moyen 01:28.75 3:42/km 1:18.00 (40e) 1:38.00 (1er) 2h23 Bandelettes, genoux (droit surtout), pied droit ampoule
15h00 24 degrés, vent 01:31.40 3:48/km 1:10.00 (40e) 1:40.00 (16e) 2h13 Estomac vraiment mal en point (poutine 2h30 avant non recommandé)
Moyennes:
11h08 26.5 degrés           01:26.50 3:36/km 01:17.00 01:31.50 2h21




Comme on le voit dans le tableau ci-dessus, j'ai maintenu une vitesse moyenne pour l'ensemble des 400m nettement mieux que celle correspondant à l'objectif de 1:35 (4:00/km). Mieux de presque 9 secondes.  Ce que je m'explique mal, pour ne pas dire ce que je ne comprends pas du tout, c'est comment il a fallu six jours avant que la cadence de chaque intervalle soit affectée significativement.  Autrement dit, comment se fait-il que je n'aie pas "cassé" avant ça ?  Même que ma meilleure journée fut la 4e, alors que j'avais déjà 54 km d'intensité en trois jours dans le corps avant de la commencer.  La plus faible température et le soutien d'un partenaire (voir plus loin) ne suffisent pas, à mon sens, à expliquer ce maintien du niveau de performance à ce stade de la semaine.  Cette question du maintien d'un relativement bon niveau de performance durant le trois quart de la semaine vient heurter mes connaissances et mon expérience quant au sujet de la récupération et de la fatigue musculaire.  Je n'ai pas, pour l'instant, de réponse à cette interrogation.  Par contre, le report de la fatigue à la fin de la semaine a eu pour effet de me faire juger le quotidien d'Emil Zatopek moins inhumain que je ne le pensais initialement.  Finalement, je trouve que c'est humain.  Mais, ok, c'est "tought".  Chapeau bas M.Zatopek !

Pour moi, le plus difficile fut deux choses.  Premièrement, et ça je m'y attendais, les douleurs articulaires, tendineuses, ligamentaires ou musculaires furent assez fortes durant la semaine.  Il n'y a pas une journée, de la première à la dernière, sans que des inconforts (que d'autres appeleraient blessures) ne viennent contrarier la quiétude de l'entraînement.  Avec le temps, j'apprends que les douleurs passent beaucoup plus que ce qu'on croit, que ce que notre inquiétude craind, que ce que les thérapeutes ou conseillers suggèrent, pour peu qu'on en prenne soin et qu'on accepte qu'elles ne sont pas nécessairement des signes avant-coureurs de gravissimes problèmes (même quand ça fait très très mal...).  Je me demande si Emil Zatopek avait mal partout en courant ?  Je parierais que sa motivation avait raison de ses douleurs, car il a maintenu une constance à travers le temps qui, j'en suis persuadé, a dû charrier son fort lot de complications ou irritants physiques.  Je ne pense pas que les ampoules arrêtaient Zatopek.  Ni que les mots terminant en "ite" ou en "algie" ait meublé l'espace mental chez lui occupé par la détermination.  Deuxièmement, ce qui ne fut pas toujours aisé fut justement de garder la tension mentale pour bien réaliser chacun des intervalles.  A longue, durant la semaine, la hargne pour aller pousser la machine sur d'aussi répétitifs efforts s'amenuisaient.  Bien que de plus en plus familière, la séance de 40 x 400m ne devenait pas synonyme d'agréable légèreté !  Pourtant, après seulement quelques jours, une habitude à l'effort s'installait.  Alors qu'il y a quelques semaines, en préparant le défi de juillet, je me sentais fier d'avoir réussi 25 intervalles de 400m, je me suis retrouvé, cette semaine, à parfois me surprendre avec des pensées telles que "ok, Robin, il n'en reste QUE 25.  SEULEMENT ça, presque RIEN, ce n'est plus l'heur de s'économiser".  En d'autres mots, j'ai progressivement repoussé, mentalement, durant la semaine, le seuil à partir duquel un entraînement me paraît "costaud".  Désormais, en bas de 20 intervalles de 400m (supposant un pace 5-10 km avec 200 de jog de repos), cela ne me paraît plus une grosse séance.  Il y a peu, 20 x 400m m'aurait semblé une séance "conséquente", "particulière"...  J'en conclus que ce qu'on juge gros ou petit en matière d'entraînement est très relatif à notre habitude et notre expérience vécue.  Je ne doute pas qu'après quelques mois, voire seulement quelques semaines, Zatopek ne jugeait plus sa traditionnelle séance quotidienne exigeante.  On "n'oublie rien, on s'habitue, c'est tout" chantait Brel avec raison. 

Cela dit, je suis d'autant plus heureux d'avoir été accompagné par deux coureurs durant la semaine que ceux-ci ont dû à leur tour repousser leur limite.   Le jeudi matin, Éric Pépin, triathlète, coureur et père d'une jeune fille que j'entraîne au sein des Kalenjins, est venu faire un "petit" 30 intervalles avec moi.  C'était pour moi un stimulant lors de la mentalement délicate 4e journée et, pour lui, un dépassement de sa limite antérieure d'intervalles.  Puis, pour "ceriser" le sunday (donc dimanche dernier !), Maxime Bilodeau est lui aussi venu faire sa trentaine de répétitions.  Je remercie ces deux coureurs qui ont allégé l'aventure à deux moments où il aurait été tout particulièrement possible que s'allourdissent davantage les jambes, ou l'esprit...

Enfin, bien que réaliser une telle semaine me paraisse moins ardu que ce que j'anticipais depuis longtemps (d'autant qu'une seule séance de 40 x 400m me semblait débile dans un passé pas si récent) je rends tous mes hommages à Zatopek.  Il faut une volonté de fer, sans même parler d'une rare constitution physique, pour encaisser un pareil régime d'entraînement sur une longue période de temps.  Je n'aurais sans nul doute pas tenu deux autres semaines avant d'être réellement blessé, surentraîné, ou tout simplement épuisé, et ce, même en m'administrant tous les petits soins possibles.  Bien sûr, en évitant de courir à la chaleur de juillet, en éliminant mes activités d'entraîneur, en négligant davantage mon rôle familial, et en faisant ceci ou cela pour maximiser ma récupération, je suppose que j'aurais pu tenir le coup un bon bout de temps encore.  Or Zatopek l'a fait durant des années.  C'est humain, mais, justemment, dans ce que les êtres humains exceptionnels démontrent de grandiose.

Bien qu'inférieur au légendaire coureur tchèque, j'en ressors néanmoins avec l'orgeuil d'une réussite que je devine peu ou très peu égalée dans l'histoire de la course au Québec.  A vrai dire, je ne connais pas de québécois ayant, récemment ou jadis, encaissé de pareille semaine en terme de densité.  J'ai tout de même fait, en sept jours, 201 km (oui, je suis allé joggé 5 km le dimanche soir pour dépasser le 200 !).  Surtout, là-dessus, il y a eu plus de 116 km en 3:36/km, soit pour moi ma vitesse de 5-10 km (environ 90% de ma VAM).  Tout cela dans les chaleurs du mois de juillet, au milieu d'obligations personnelles variées et à travers plus de 15 heures d'implication en coaching et avec, à la maison, deux enfants de moins de 2 ans.  Puis, ne l'oublions pas, mais cette semaine a été réalisée non seulement 10 jours après une course nocture de 79 km, mais dans une période où la moyenne de mes semaines d'entraînement avoisine les 150 km.  Indépendamment de ces éléments très personnels, je me questionne sur le nombre et le nom de ceux qui ont égalé en genre ma semaine d'entraînement.  Pouvez-vous m'instruire là-dessus ?  J'aimerais bien savoir qui sont les "hardcore" parmi les "hardcore" de l'histoire de la course dans la province... 

Enfin, heureusement que ma blonde, Marianne, a été compréhensive durant la semaine et, plus encore, depuis le début de l'année "dodécathlesque".

Pour ceux qui croient maintenant que je suis mûr pour un répis, détrompez-vous.  Dans 1 mois exactement commence le défi du mois d'août.  EnduRun International.  Celui-là, j'ai hâte.  Un peu peur bien sûr, mais surtout hâte.  J'ai confiance d'être prêt à temps.  J'en donnerais un apperçu dans quelques semaines lors du prochain message sur le blog.  

Par ailleurs, il est maintenant possible de sécuritairement faire des dons en ligne à la Fondation Terry Fox pour laquelle j'amasse de l'argent toute l'année et que je remettrai à l'occasion du défi du mois d'octobre.  Pour soutenir mon aventure de 2012 en général, particulièrement mon défi d'octobre et, surtout, surtout, surtout, la recherche contre le cancer, il suffit de se rendre sur la page consacrée au Dodécathlon sur le site de la Fondation Terry Fox.  Merci.

        

dimanche 1 juillet 2012

Solstice d'été


20h46, 0 kilomètre, St-Grégoire: je prends le départ pour une longue sortie de course qui devra me tenir éveillé toute la nuit.  Le défi du mois de juin est lancé.

Durant la journée, j'ai fait deux petites siestes après avoir, comme précédemment durant la semaine, vérifié la météo qui m'indiquait que cette nuit pourrait enfin être LA nuit.  Les précédentes nuits s'annonçaient orageuses, repoussant finalement le départ jusqu'au 21 juin, date cependant exacte du solstice d'été.   Très bien finalement, très symbolique.  Ayant d'ailleurs été dans l'incertitude de la date du départ, je décidai les jours d'avant de continuer l'entraînement régulier comme si je n'avais pas à bientôt courir du coucher au lever du soleil.  C'est ainsi que, la veille, je faisais 26 km en 2h00 en entraînement.  Allait-ce me pénaliser ou entraver la réussite du défi du mois de juin ?  De même, ces ambivalences de jour de départ ont fait se décommander les partenaires potentiels pour des tronçons du défi.  Allait-ce la solitude me décourager ? 

10h56,  22 kilomètres, St-Léonard-d'Aston: je fais un saut au bercail ou, plutôt, exactement, je passe le perron avant par mon domicile pour faire le plein de ravitaillement (Boost Calories +, 1 litre de Coke mélangé à 500ml de Pedialyte, deux barres de céréales, une barre de chocolat).  Étrangement, j'ai anormalement mal au genou alors que je n'ai jusqu'ici fait que 22 km.  C'est là moins que la distance journalière que je fais souvent en entraînement.  Le rythme est cependant bon, facile à maintenir.  Je jogge, en moyenne, à 5:25/km et je fais un 1000m sous 5:00/km (12km/h) à tous les 10 km.  Je me ballade en écoutant la première chaîne de Radio-Canada sur mon lecteur MP3.  J'avance doucement contre le vent de face qui, en cette nuit chaude où il fait 29 degrés, rafraîchit grandement.  Je remplis donc mon sac de coke/pedialyte, prends les vivres nécessaires, dis un unique bonne nuit à ma blonde qui est sortie sur la galerie pour ce furtif passage avant d'aller au lit, et je file à nouveau pour la nuit en laissant la petite famille endormie derrière moi.

Initialement, je prévoyais, de ce point, me rendre à Victoriaville jusqu'au sommet de la montagne (à 67 km du point de départ).  Or, la veille pour des raisons logistiques (comment en revenir à 5h00 du matin si je n'ai personne pour me ramener en auto ?) et météorologique (si, finalement, il se mettait à faire orage, où irais-je perdu entre deux champs dans un rang de campagne ?) je décidai d'emprunter un circuit de 30 km autour de chez moi.  Or, après seulement 2h20, ayant déjà mal au genou droit, j'optai, sécurité oblige, pour rester dans les environs de chez moi, gravitant sur un circuit de 15 km qui m'est familier.  Si tout se déroulait bien, je prévoyais aller finir à 5 km de chez moi, sur le bord de l'eau, sur la rive, près des rapides, de terrains pittoresques que ma blonde et moi avons récemment achetés. 

1h00 am, 42,2 km, St-Léonard-d'Aston: je termine la distance du marathon en un peu moins de 4h10.  Les choses vont relativement bien.  En fait, outre la chaleur qui refuse de tomber (il fait encore 27 degrés et je sue abondamment), tout suit son cours.  En repassant par mon domicile pour faire le plein de victuailles installées sur ma galerie, je m'aspèrge -enfin- la tête à même l'arrosoir du jardin.  Grand bonheur.  Sinon, le genou droit fait mal, mais je tolère, j'encaisse, j'endure.  La moitié de la nuit est faite.  Les batteries du lecteur MP3 ont rendû l'âme il y a quelques temps déjà.  Moi je tiens bon.  Par contre, mes paupillères tombent.  Je suis fatigué.

2h58 am, 60 km, St-Léonard-d'Aston: les choses se sont gâtées.  Premièrement, mon estomac ne tolère pratiquement plus rien.  A tout le moins, la nourriture solide n'entre plus dans mon corps.  Les tentatives d'insertion forcée de barre tendre se sont soldées par un violent crachat de refus.  J'ai l'estomac noué, bloqué, "jammé".  Oui, c'est une sensation presque agréable et propice pour la course !  Cela m'est cependant riche d'apprentissage, car je respecte depuis le début de la nuit la même diète en courant que celle prévue initialement pour le défi Montréal-Québec.  J'apprends à la dure que cette dernière n'est pas au point.  Trop riche ?  Peut-être.  Trop sucrée ?  Peut-être.  Pourtant, il me faut théoriquement absorber 7000 calories durant l'épreuve.  Malheureusement, après 4000 calories, mon système semble saturé.  Je poursuis néanmoins avec l'espoir de ne pas terminer la nuit en hypoglycémie.  Je m'efforce de boire sucré et "électrolyté", mais là encore ça passe mal...  Tout est beurk !  Deuxièmement, mon genou droit fait très mal quoique l'aggravation de la sensation soit sourde et subtile au lieu de virulente et sévère.  Rien à dire de plus là-dessus, sauf que ça commence à être impossible à ignorer à chaque foulée.  Je ne sais pas si cela sera difficile à soigner après le défi, mais je sais déjà qu'il est certain que mon genou n'en sortira pas indemne.  A ce point cependant, il n'est pas question d'arrêter pour ça.  Troisièmement, je viens de traverser un long passage à vide mentalement.  Il me semble que ce soit à celui-ci qu'il faille attribuer ma baisse de régime et ma vitesse moyenne maintenant à un rythme plus lent que 6:00/km.  Et j'ai depuis 10 km cessé de faire mon 1000m en bas de 5:00/km à tous les 10 kms.  Le corps n'a plus le coeur à cela (plus le coeur au sens de "mal au coeur" !).  Par contre, j'anticipe le progressif lever du soleil pour la prochaine heure et, avec lui, le retour de la clarté.  Cela fera sentir la fin de la nuit et l'espoir de réussite, à toute fin pratique évidente à ce stade.  Cela devrait aussi me réveiller et raccourcir l'impression subjective de longueur des secondes.  Il y a peu, les derniers veilleurs, ceux qui ferment les bars, sont allés se coucher (non sans, cependant, avoir lâché de leur terrasse, bière vide à la main, voyant un gars courir à cette heure de la nuit, un "cr... y é dont ben crinqué lui !"). 

4:30 am, 75 km, St-Léonard-d'Aston: dernier passage par la maison -sans bien sûr y entrer comme toujours- l'estomac ne répond plus du tout, le genou parle pour sa part trop fort, la fatigue est totalement contrôlée, la lampe frontale a depuis longtemps cessé d'éclairer suffisamment, mais de toute façon le soleil vient de se lever.  Il fait clair.  Je m'en vais vers la fin du défi.  Je prends la route des terrains du bord de l'eau.  Il me reste 28 minutes à courir avant l'heure officielle de lever du soleil.  Ma question est : arriverai-je à faire 80 km durant la nuit ?

4:58 am, 79.25 km, St-Léonard-d'Aston, bord de la rivière, devant les rapides au matin je suis lent et n'avance plus: Fin du défi.  Sans satisfaction particulière ni émotion forte, sans grande fatigue non plus, avec des douleurs normales aux jambes et anormale au genou droit, je clôture la nuit avec un peu moins de 80 kms parcourus.  En fait, si on tient compte de l'erreur habituelle de la montre GPS en zone couverte, j'ai dû faire un peu plus de 80 km, mais là je vais me contenter officiellement du chiffre de 79.25.  Avec l'entraînement de la veille, ça fait quand même 105 km en deux jours.  Cette nuit, j'aurai maintenu une moyenne de 6:07/km (un peu plus de 10 km/h).  J'aurai couru durant exactement 8h07, signifiant que les arrêts de ravitaillement ne m'auront pris, au final, que 5 minutes (dont presque 4 pour le premier).  Je puis dire que, une fois dans ma vie, j'aurai couru durant toute une nuit. 

J'aurai appris, durant la nuit, que je peux ne pas avoir peur en courant seul dans le noir.  Évidemment, une longue partie a été faite sous les rassurants lampadaires de la municialité, mais je ne crois pas que cela aurait été sérieusement paniquant de courir à la totale noirceur.  Puis, j'ai appris que mon défi Montréal-Québec exigeait des ajustements: d'une part alimentaires et, d'autre part, d'objectif puisque 100km en 10 jours durant 3 jours risque d'être plus ardu que je ne le pensais.  Enfin, encore une fois, j'ai appris à garder la discipline malgré les douleurs ou les moments difficiles.  Ce fut, dois-je l'avouer, une nuit plutôt facile.  Relavitement bien sûr !  Elle l'aurait été encore davantage si le mercure n'avait été aussi élevé.  Jamais n'ai-je pu me sentir pleinement au frais dans les 6 dernières heures.

*** Notez que, le 22 juin, j'aurai ensuite besoin de plusieurs heures pour remettre mon système digestif en place et de deux ou trois jours pour rétablir un cycle veille/sommeil agréable.  Par contre, malgré la douleur au genou, je ferai un 40 km dans les jours suivants, dont un entraînement (une "progression run") de 21 km, avec les Kalenjins, en 1h30 trois jours plus tard.  La semaine suivante, celle qui se termine au moment d'écrire ces lignes, je ferai un total de 105 km incluant deux séances d'intensité. 

Maintenant, j'en suis à prévoir, dès la semaine du 2 au 9 juillet, de faire mon défi suivant, soit celui qui suscite la plus vive réaction chez les connaisseurs, les assidus de la course à pied.  Lundi 2 juillet, je lance mon premier jour de 40x400m avec 200m de jog de récupération (et 5x200m avec 200 de jog comme échauffement et cool-down).  Si tout va bien (entendre: si le genou tient le coup), je ferai cela chaque jour de la semaine.  J'écrirai sur ce blog, en milieu de semaine prochaine, après la 3ième ou 4ième journée, un très court texte pour indiquer la procédure et le déroulement du défi. 

Merci encore de suivre mes folies.